Une salle de sport pour l’Athénée royal d’Uccle

Le Belgian Building Award dans la catégorie « non résidentiel » est allé au bureau bruxellois URA de Yves Malysse et Kiki Verbeeck, qui, outre les deux associés, compte une dizaine de collaborateurs. Leur projet, une salle de sport pour l’Athénée royal d’Uccle (Enseignement de la Communauté flamande) s’écarte de façon radicale des critères imposés. Avec succès.

« Au départ, la demande de l’école portait sur une extension du bâtiment existant mais nous trouvions que construire un nouveau volume sur un endroit dégagé, entouré d’arbres, était une meilleure idée », raconte Yves Malysse, gérant de URA. « Nous y avons donc placé un volume abstrait, rectangulaire qui entretient une relation particulière avec son environnement et ses utilisateurs. Nous avons imaginé l’entrée au niveau +1 pour que les élèves se déplacent dans le paysage, ils doivent en effet emprunter un escalier pour pénétrer dans la salle.

Le bâtiment lui-même est extrêmement rigoureux et construit en combinant le bois et le béton. Ce dernier se justifie par le mur de soutènement, la salle de sport s’intègrant partiellement dans une butte. Le béton est associé à du bois, reflet de l’environnement boisé alentour. Cette dualité de matériaux procure une expérience unique, aussi bien depuis l’intérieur du bâtiment que de l’extérieur. Il s’agit d’un projet budgétairement très calculé, un bâtiment qui associe tous les matériaux de base d’une manière différente, ce qui permet de créer un langage et une identité propres pour un programme relativement simple. Même pour un tel bâtiment, il est donc possible de dessiner un projet qui dépasse la fonction et devient un symbole de mouvement et d’interaction entre l’homme et la nature. »

Simple, sobre et original

Le jury, composé notamment des lauréats de l’édition précédente Henk De Smet (De Smet Vermeulen architecten) et Tom Vanhee (Atelier Tom Vanhee), ainsi que Robert Treselj (Atelier d’Architecture Robert Treselj et Président de l’Union wallonne des architectes) et Paul Delaby (lauréat Prix Horta 2014), a été séduit, comme en témoigne sa motivation : « La salle de sport se trouve de plain-pied et en parfaite corrélation avec l’environnement extérieur, s’ouvrant de façon presque didactique sur la forêt. En raison des rigueurs budgétaires, les architectes ont opté pour des matériaux bruts apparents tels que le béton, l’acier, le bois et le verre.

Très logiquement, le soutènement du côté de la butte est réalisé par un voile de béton armé, surmonté par une paroi entièrement vitrée qui donne vue sur la cime des arbres. A l’opposé, la façade entièrement vitrée sur sa première moitié de hauteur, prolonge l’espace intérieur vers l’extérieur, tandis que sa partie supérieure est rendue opaque par des panneaux de bois. La trame du mur rideau en bois fait gracieusement écho au rythme des troncs d’arbre du bois environnant. La façade opposée à l’entrée présente quant à elle une configuration tout à fait originale en faisant la jonction entre les deux parois aux ouvertures inversées. Une référence subtile au principe du Yin Yang…

Comme beaucoup de salles de sport, le bâtiment est une simple boîte parallélépipédique. Celle-ci constitue, par contre, une réalisation remarquable par sa sobriété et sa simplicité déconcertantes. Et malgré son ancrage dans la butte, elle exprime la légèreté et le raffinement. Le jury a été conquis par l’audace de ce dépouillement presque absolu, résultat d’une conception extrêmement rigoureuse.»

Source : Architectura