Une nouvelle crèche à Grâce-Hollogne

Courant 2018, la commune de Grâce-Hollogne bénéficiera d’une nouvelle crèche complétée d’infrastructures dédiées à la petite enfance. Le marché a récemment été attribué à l’atelier d’architecture Daniel Delgoffe et à l’Atelier Paysage.

L’art de savoir bien s’entourer

Retour en arrière : en 2014, la commune de Grâce-Hollogne, en région liégeoise, organise un concours pour la construction d’un milieu communal d’accueil de la petite enfance et d’une antenne ONE. Avec ambition, les autorités communales se sont entourées de la Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles aussi bien pour l’organisation de l’appel d’offre que pour la désignation du projet le plus convaincant. Les résultats du concours sont aujourd’hui connus : le projet sera confié à l’équipe de l’atelier d’architecture Daniel Delgoffe et des paysagistes de l’Atelier Paysage. Les membres du jury ont particulièrement souligné la justesse de l’intégration paysagère et urbanistique proposée. L’équipe lauréate s’est ainsi démarquée de ses concurrents, à savoir : l’atelier d’architecture Yves Delincé, l’association momentanée Manger Nielsen et De Visscher & Vincentelli, du bureau d’architecture Ledroit-Pierret-Polet et du bureau SPECIMEN.

Une équation de départ à plusieurs variables

Le projet prend place sur une grande parcelle vierge située au sein d’une cité d’habitations sociales des années 1950. Un terrain de sport et un « Jardin du souvenir » disposé à front de voirie sont les seuls aménagements existants sur cette zone verte. Une venelle publique piétonne longe la parcelle sur son côté nord-est, reliant le quartier à différents équipements communaux. L’appel d’offre est scindé en 2 phases. La première concerne la construction d’une crèche pouvant accueillir jusqu’à 36 enfants et d’une maison communale d’accueil de l’enfance (MCAE). Dans un second temps, il est prévu de transformer la MCAE en une structure d’accompagnement de la petite enfance, comme une antenne ONE, et de compléter l’ensemble bâti par une nouvelle crèche de 36 lits également. La faisabilité de cette transformation et l’insertion de ce nouvel équipement communal dans un environnement résidentiel constituaient deux des enjeux principaux de la réflexion architecturale.

Lectures de paysages

La lecture des éléments en place est ce qui donne du sens au projet d’architecture. Cette ligne de conduite, revendiquée par Daniel Delgoffe et Etienne Cellier, veut s’exprimer dans les différents aspects du projet. L’équipe lauréate voit le terrain comme un trait d’union entre deux paysages. Au sud, la parcelle s’ouvre sur les vastes étendues dégagées de la vallée industrielle de la Meuse tandis qu’au nord, le paysage est celui d’un tissu bâti résidentiel relativement dense et traversé par des voiries et des venelles piétonnes. Le projet tente de tirer parti du potentiel de chacune de ces situations. Son implantation et sa configuration ont la volonté, d’une part, de recréer un vocabulaire propre au quartier habité, à l’échelle des équipements de la crèche et, d’autre part, de conserver un espace dégagé, d’ordre public, sur la portion de terrain restante, le long de la venelle piétonne existante. Dans les deux cas, les interactions et les vues depuis et vers le site et le projet tentent de tisser les liens qui intègrent ces nouveaux équipements dans leur contexte immédiat.

Un bâtiment conçu comme un parcours

Dans un souci d’intégration douce, les gabarits utilisés s’accordent à l’échelle du quartier. Les volumes s’implantent légèrement en retrait de la voirie, dégageant de l’espace pour le réaménagement du « Jardin du souvenir » existant et pour installer un espace de stationnement intégré au site et au paysage. Au niveau de la crèche, les bâtiments, de par leur implantation générale, leur profil et leurs articulations, ont la volonté de former un parcours dynamique. L’utilisation des lieux se veut animée grâce à la géométrie variée des espaces et la multiplication des vues, de l’intérieur vers l’extérieur et inversement. Le projet a été étudié dans sa globalité afin que la deuxième phase complète et renforce cet effet. Ainsi, la crèche s’ouvre à l’ouest, sur des espaces extérieurs aménagés pour les enfants, dans le prolongement et le calme des arrières-jardins de la cité, tandis que l’activité du domaine public se concentre à l’est de la parcelle, le long de la venelle publique.

Un bâtiment à construire

Au niveau technique, le projet intègre la transformation de la phase 2 du projet, sans travaux de grande ampleur. Le bâtiment prévoit le respect des techniques et règles de bonnes pratiques pour atteindre les meilleures performances thermiques, au-delà des niveaux légaux exigés. Une étude des coûts à prévoir pour une conception passive sera réalisée pour déterminer les options possibles. Les techniques low-tech seront privilégiées dans le but de réduire les coûts de maintenance. De même, les matériaux sont choisis et utilisés pour leurs caractéristiques intrinsèques afin de nécessiter le moins de traitement possible. Ces choix, ainsi que les ajustements de conception architecturale, doivent encore faire l’objet d’une étude approfondie pour la constitution du dossier de permis de bâtir et, plus tard, du dossier d’exécution. Le début du chantier est prévu pour le deuxième trimestre 2017.

Source : Architectura