L’étude des Écoles Saines dévoile les points faibles des bâtiments scolaires

Communiqué de presse

Anvers, 14 mars 2013 – Début 2011, le Centre pour les Écoles Saines a mis sur pied une étude destinée à analyser l’environnement intérieur des bâtiments scolaires du Benelux. Durant deux ans, des institutions scolaires ont été invitées à y participer. Cette étude donne la parole aux directions et utilisateurs de 1 000 établissements qui ont pu s’exprimer à propos de la qualité de vie et d’apprentissage au sein de ces bâtiments.

Le Centre pour les Écoles Saines s’intéresse en permanence à la qualité de l’environnement intérieur dans les locaux et bâtiments scolaires du Benelux. Grâce à cette étude organisée à grande échelle, le centre a analysé l’état (parfois déplorable) des écoles afin de connaître l’ampleur des dégâts. Il attire ainsi l’attention sur les besoins spécifiques des établissements scolaires et les investissements nécessaires pour y assurer un environnement intérieur sain.

L’étude porte sur les besoins et points noirs rencontrés au niveau de la qualité de l’air, des conforts visuel et thermique, de l’acoustique, de l’ergonomie du mobilier, de la consommation énergétique et de l’environnement intérieur en général. Un quart des utilisateurs estiment que l’environnement intérieur de leur bâtiment scolaire est médiocre, tandis que plus de 80 % d’entre eux pensent qu’il constitue un point d’attention incontournable.

L’étude du Centre pour les Écoles Saines signale les problèmes suivants en termes d’environnement intérieur :

1. Dans de nombreuses écoles, le confort thermique laisse à désirer. La température ne peut pas (suffisamment) être contrôlée. Selon 70 % des écoles, cela entraîne une surchauffe en été et, selon 40 % d’entre elles, des températures trop basses en hiver. Une école sur 3 se plaint de la présence de taches d’humidité et de courants d’air. Un directeur nous confie à ce sujet : « En général, les bâtiments scolaires ne sont plus en ordre, surtout en ce qui concerne l’environnement intérieur. L’été, il fait trop chaud. L’hiver, le chauffage fonctionne souvent, jour et nuit, à plein régime. Il fait alors étouffant ou trop froid parce que les pompes tombent en panne. »

2. Une ventilation insuffisante entraîne une concentration plus élevée en CO² et une mauvaise qualité de l’air. Pas moins de 43 % des écoles se plaignent d’une odeur désagréable ou de renfermé qui règne dans les locaux. « Cela fait quelque temps déjà que nous avons commencé à nous attaquer à la problématique de la ventilation, mais la commune a négligé l’entretien du bâtiment depuis des années. Les enfants et enseignants se plaignent régulièrement de maux de tête et le taux de CO² est épouvantable ! », selon un responsable logement.

3. L’acoustique est mauvaise dans de nombreux locaux et salles de gymnastique. Une école sur 5 est victime de nuisances sonores provenant des locaux voisins et la résonance est également considérable. Dans ces conditions, les enseignants ont beaucoup de difficultés à améliorer l’élocution des enfants et à lutter contre les bruits de fond. « Nous rencontrons de gros problèmes au niveau de l’acoustique », réagit un enseignant. « Il y a tout simplement trop de bruit dans les classes et les couloirs. Un vacarme d’enfer résonne aussi souvent dans la salle de gymnastique et le réfectoire. C’est parfois à la limite du supportable ».

4. La qualité de la lumière dans les bâtiments scolaires laisse souvent à désirer. Les utilisateurs ressentent dès lors un certain inconfort sur le plan visuel. Près d’une école sur 5 indique que les classes ne sont pas suffisamment éclairées, tandis que plus de 30 % des utilisateurs sont éblouis par le soleil. Un conseiller en prévention témoigne : « L’environnement intérieur de notre école est généralement mauvais. Quelques problèmes concrets : des classes sans fenêtres ou sans éclairage individuel (interrupteur commun à plusieurs classes), absence de rideaux, etc. »

5. À l’heure actuelle, l’économie d’énergie est aussi l’un des principaux problèmes rencontrés dans les bâtiments scolaires. Plus d’une école sur 4 en fait état. Une mauvaise isolation et un éclairage vétuste entraînent une hausse de la facture énergétique. Un membre du comité de gestion scolaire ajoute ceci : « Nos bâtiments sont en très piteux état et ne sont pas bien isolés. En raison d’un manque de moyens financiers, nous attendons depuis 10 ans déjà l’installation d’un système de chauffage correct afin d’économiser de l’énergie. »

Bonne nouvelle : plus de 2 écoles sur 3 nourrissent des projets de construction, même si, en pratique, on sait que le financement constitue un point délicat. Le secteur de l’enseignement est tenu de faire des économies. De plus, les investissements consentis ne permettent pas de s’attaquer de façon optimale à la consommation énergétique, à l’environnement intérieur, à la durabilité et à la fonctionnalité.

L’étude du Centre pour les Écoles Saines révèle aussi que, souvent, les problèmes d’environnement intérieur sont résolus partiellement et à l’échelle locale. Le budget est insuffisant pour les bâtiments scolaires. Il ne peut dès lors être réellement question d’une approche globale, d’un plan global ou d’une solution structurelle apportée au problème : « Tout investissement – qui représente aussi une saignée financière – est en réalité un emplâtre sur une jambe de bois. Si nous voulons garantir des bâtiments scolaires en bon état, les pouvoirs publics devront mettre la main au portefeuille.

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