Nos écoles sont trop bruyantes

Que ce soit dans les cours de récréation ou dans les salles de gymnastique, les écoles sont trop bruyantes. A tel point que le seuil nuisible de 85 décibels est très souvent dépassé. Avec à la clef de possibles effets secondaires, tant pour les profs que pour les élèves.

Les profs en prennent plein les oreilles

Les infrastructures de nos écoles, on le sait, ne sont plus toutes jeunes. Et il n’est pas rare que les halls sportifs, par exemple, soient peu adaptés à la pratique d’un sport ou d’une simple séance de gymnastique. C’est un comble ! Hauts plafonds, parquets en bois… les pas résonnent dans la salle et le moindre cri d’enfant est amplifié. Les profs, eux, en prennent plein les oreilles !

Dans le cadre de son étude, l’IDEWE, le service externe pour la prévention et la protection au travail en Belgique, a mesuré que le seuil supportable de 85 décibels était régulièrement dépassé à l’école. Des pics de 127 décibels ont même été relevés… soit l’équivalent d’un avion de chasse au décollage.

Dans la cours de récréation, les cris de nos bambins atteignent facilement les 90 décibels… et là encore, on dépasse le seuil critique. Avec quelles conséquences? Dix minutes de récréation ne feront aucun mal aux enfants puisque c’est essentiellement la durée d’exposition, bien plus que le niveau sonore, qui est déterminante… et potentiellement dangereuse. Naïma Deggouj est O.R.L. aux Cliniques universitaires St-Luc :

« Si cela reste limité sur quelques minutes, ces bruits plus intenses, le risque est plus faible. Mais si le sujet est maintenu dans ce bruit en permanence, le risque est là… »

Davantage de problèmes de voix

Quel risque? Celui de perdre l’audition dans les aigus. L’étude réalisée en Flandre révèle que 40% des instituteurs ont le sentiment d’entendre moins bien. Mais plus courants encore – et liés au bruit – sont les problèmes de voix.

« Si l’enseignant doit parler plus fort parce qu’il y a trop de bruit, il abime ses cordes vocales et peut se retrouver avec des problèmes de nodules, par exemple. Et ces problèmes de cordes vocales sont plus fréquents que les traumatismes sonores. »

Rappelons que s’ils estiment être exposés à trop de bruit, les enseignants ont le droit d’exiger des protections dans le cadre de leur travail. Mais pour éviter que l’oreille et la voix des petits et des grands ne souffrent trop, l’une des solutions serait peut-être de mieux insonoriser nos infrastructures.1

Source: Enseignons.be