Molenbeek: 3.000 places en plus d’ici 2016

Molenbeek est la commune qui connait le plus important boum démographique de la Région bruxelloise: + 24,5% pour la dernière décennie. Une situation qui exige des mesures fortes pour anticiper les besoins de la population en matière d’offre scolaire. La question des places dans l’enseignement fondamental communal est une des préoccupations majeures du collège molenbeekois… qui doit aussi penser à gérer sa police, son administration, les questions liées au logement et à l’accueil en crèche. Le bourgmestre, en charge de l’Instruction publique, Philippe Moureaux (PS), et l’échevin des Travaux, Mohamed Daïf (PS):

Selon un rapport de l’IBSA (Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse), nos écoles sont toutes en déficit sévère. Dans son budget 2011, la commune a prévu une enveloppe de 4.530.000 euros pour augmenter les places dans les écoles existantes et 3.435.000 euros pour la maintenance des bâtiments existants.

Concrètement, la commune devra ouvrir 1.500 places d’ici la rentrée 2012. Dans quatre ans, plus de 4.500 places supplémentaires devront avoir vu le jour. Mais ce chiffre ne sera jamais atteint. À l’horizon 2016, la commune espère ouvrir, au moins, quelque 3.000 places (un peu plus de 6.000 aujourd’hui, dont plus de 1.000 néerlandophones). Au total, plus de 50 millions d’euros seront nécessaires qui serviront à construire trois nouvelles implantations (dont une néerlandophone) et créer des extensions dans au moins sept des écoles déjà existantes. Un plan du gouvernement Olivier prévoit de créer plus de 4.000 places dans quelques années. En matière de crèches, quelque 260 places sont en cours de création, devant compléter les 203 places existantes d’ici 2014. Molenbeek compte sur la Communauté française pour mettre le turbo et former des instituteurs qui pourront venir enseigner dans ces nouvelles classes. D’ici quelques années, plus de 50 enseignants supplémentaires seront ainsi nécessaires.

Schaerbeek, le parent pauvre?

Le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (MR), et son échevin de l’instruction Georges Verzin (MR) sont déçus de la manière dont la Communauté française va subventionner la création de nouvelles écoles et l’extension de structures existantes. Le plan d’urgence du gouvernement ne respecterait pas les besoins réels de certaines communes qui recevront moins d’argent que d’autres communes alors qu’elles devront faire face à une démographie plus forte.

« Ensemble, les communes de Molenbeek et de Schaerbeek, par leur poids démographique, totalisent la moitié (25 % chacune) des demandes, explique Bernard Clerfayt. Alors que nous avons besoin à Schaerbeek de 4.740 nouvelles places, on nous en subventionne royalement 400 ».

Un plan qui favorise les communes PS et CDH?

Bernard Clerfayt ne rejette pas le plan, qu’il juge évidemment indispensable mais il observe que ce dernier creuse tout de même le déficit là où il est le plus criant, dans les communes populaires. Il affirme aussi que les communes socialistes (Saint-Gilles et Bruxelles-Ville) et CDH s’en sortent mieux.

Ce déséquilibre montre qu’il y a un arbitrage qui est fait entre communes bruxelloises. D’autant plus que des places sont créées dans des communes qui n’en ont, semble-t-il, pas besoin. Ce partage ne permet pas de rencontrer les besoins des communes populaires. Devons-nous en conclure que le choix du gouvernement Olivier est antisocial ? Par ailleurs, il va encourager les navettes scolaires qui sont pourtant la cause de nombreux embouteillages, matin et soir.

Georges Verzin embraie :

Ce qui est regrettable, dans ce plan, c’est qu’il ne tient pas du tout compte de nos projets largement avancés. Et après 2015 ? A Schaerbeek, nous avons un plan qui porte sur 2025 en trois vagues (maternelle, primaire et secondaire). Cela va nous couter* très cher. Mais nous nous débrouillerons. Nous ne renoncerons pas à construire nos écoles.

Source: Enseignons.be