MODULO architects

ECAM Bruxelles

Le gros œuvre « branché » des ingénieurs

L’Institut Supérieur ECAM a abandonné son site historique de Saint-Gilles pour prendre ses quartiers sur le campus de l’UCL en Woluwe dans un imposant bâtiment « machine ». À l’austérité de la précédente localisation vient s’opposer la force d’une architecture contemporaine où le béton s’est vu érigé en maître.

La nouvelle vie des futurs ingénieurs industriels sur le campus débute dans un impressionnant vaisseau où la courbe n’a pas plus sa place que ne l’a, du moins en apparence, l’orthogonalité. Avec ses angles francs, ses sécantes et ses encorbellements, l’ECAM -faisant face à la « Mémé », célèbre maison médicale conçue début des années 70 par l’architecte L. Kroll- s’inscrit dans une volonté d’identité et de différenciation contemporaine.

Si la pertinence du campus universitaire s’est avérée une évidence, le choix de la parcelle offrait plus d’une contrainte aux concepteurs. Parmi celles-ci : la mitoyenneté du bâtiment en longueur avec le pertuis du Metro, les nombreuses déclivités des parcelles voisines jusqu’à 10 m et l’étroitesse de la parcelle disponible devant accueillir pour le VINCI II plus de 10.000 m² construit neuf. S’y ajoutent les 4.000 m² de la rénovation du Vinci I, un bâtiment promotionnel des années ’80 accueillant diverses fonctions, principalement administratives dont la bibliothèque et le siège social de la Haute Ecole Léonard de Vinci. L’intégration au projet d’une impressionnante passerelle entièrement vitrée à 2 niveaux permet une liaison entre les 2 bâtis, tant du point de vue fonctionnel qu’identitaire.

À une programmation complexe MODULO architects a opposé le célèbre aphorisme de L. Sullivan « Form Follows Function ». Est ainsi né un bâtiment qualifié de bâtiment « machine », complexe et pragmatique. Une structure en « rizières » a été réalisée : la moitié ouest du bâtiment ne dispose ainsi d’aucun plancher horizontal mais présente quasi exclusivement une structure en gradins préfabs permettant la superposition des auditoires et une optimalisation des espaces.

Bioclimatiquement la grande inertie thermique du béton s’adapte parfaitement à la conception d’un bâtiment énergétiquement performant et les qualités de pérennité et d’entretien du béton faisaient de ce dernier l’un des rares matériaux « student-proof ». De grandes verrières en toiture et la faible largeur du bâtiment offrent une lumière zénithale diffuse et de nombreuses vues horizontales. La présence de nombreux châssis ouvrant participe au bien-être général.

L’esthétique est semi-industrielle et s’apparente d’avantage à un stade sportif. l’ECAM formant des ingénieurs industriels les principes constructifs et techniques ne gagnaient pas à être cachés. Les nombreuses fenêtres horizontales dotées de brise-soleil et de light-shelve marient performances et esthétique. Les maçonneries non-portantes en bloc Argex ont fait l’objet d’une mise en œuvre spécifique avec un appareillage « en carrelage » offrant une indéniable qualité acoustique et une plus-value esthétique.

Les quelques 700 étudiants de l’ECAM fréquentent aujourd’hui un bâtiment à leur image, un bâtiment différent, un bâtiment machine et dynamique où les omniprésents béton, acier et bois LC mis en œuvre avec maîtrise, sont devenus langage esthétique et source de fierté. Un bâtiment d’aujourd’hui où le gros œuvre est devenu … « branché ».

Plus d’informations sur le site web de MODULO architects