Lutter contre le bruit dans les écoles

Le 30 octobre dernier, Bruxelles Environnement (IBGE) a consacré une journée d’étude à la lutte contre le bruit… dans les établissements scolaires.

Cette journée faisait suite au colloque que l’asbl Empreintes, avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale et de Bruxelles Environnement [1], avait organisé les 25 et 26 novembre 2008 sur le thème « bruit et jeunesse » [2].

Le colloque avait permis aux différents acteurs du bruit et de l’enseignement de se rencontrer et d’identifier les freins et leviers de l’amélioration de l’environnement sonore des locaux liés au milieu scolaire.

A la suite de ces deux journées, une phase de recherche technique spécifique pour les écoles avait été entreprise dans le cadre d’un projet pilote avec 6 écoles de la Région bruxelloise.

Ce sont donc les résultats d’études acoustiques menées au sein de ces établissements scolaires qui ont été présentés à la fin du mois d’octobre.

Les résultats obtenus ont permis de souligner les points faibles de l’acoustique dans les écoles et de proposer des solutions spécifiques qui peuvent être, partiellement, transférées à d’autres établissements. Pourquoi s’être penché plus particulièrement sur le bruit dans les écoles ?

La réponse a en partie été rappelée dans l’une des interventions de la journée, « Le bruit, un véritable enjeu de santé pour les jeunes« . En effet, des études sur le bruit ont mis en évidence des répercussions sur l’audition et la fatigue.

Les conséquences de la fatigue sur l’organisme par exemple sont bien connues : des difficultés de concentration, des troubles d’apprentissage, des troubles du comportement (hyperactivité, agressivité…), des troubles de l’humeur, un affaiblissement global des défenses immunitaires, etc.

Ces effets sont directement dépendants de l’intensité sonore et de la durée cumulée des expositions. En d’autres mots, le bruit a un effet négatif sur l’état de santé physique, l’état de santé mentale et les capacités d’apprentissage.

Qu’en est-il en milieu scolaire ?

Les mesures de niveaux sonores qui ont été effectuées par Bruxelles Environnement dans le cadre du projet pilote mettent en évidence que les occupants des écoles subissent pendant des périodes prolongées des niveaux sonores de 80-90 dB (salle de sport, cours de récréation, cantine…), que le bruit de fond dans les locaux de classe avoisine les 55 à 60 dB et encore que le temps de réverbération (écho) est de 2, voire 3 secondes. Or, les valeurs guides préconisées à ne pas excéder sont : de 35 dB pour le niveau sonore et de 0.6 à 1.2 secondes pour l’effet d’écho dans un local de classe.

La directrice de Bruitparif – l’Observatoire du Bruit, également invitée à cette journée d’étude, a fait part d’une expérience similaire qui avait été menée dans 20 lycées de la Région Ile-de-France. Parallèlement à leurs études acoustiques dans les locaux scolaires, l’observatoire a mené une campagne, « Écoute ton lycée [3], pour sensibiliser les lycéens aux risques auditifs qu’ils encourent sans le savoir au cours de leurs loisirs, compte tenu de leur goût pour l’écoute et la pratique des musiques amplifiées à des niveaux sonores de plus en plus élevés.

Si les milieux scolaires sont de plus en plus confrontés aux bruits et particulièrement exposés aux problèmes qu’ils peuvent entraîner, des solutions pour limiter leurs impacts existent…

Des solutions…

Dans le cadre du projet pilote conduit par Bruxelles Environnement, l’accent a surtout été mis sur l’isolation acoustique dans les 6 écoles.

Dans certains cas, ce sont des solutions de correction acoustique [4].qui ont été proposées pour certains locaux où le niveau du bruit était très élevé (préau, salle de sport, réfectoire, etc.) et, dans d’autres, des solutions d’une meilleure isolation acoustique (entre deux classes par exemple).

En termes de coûts, l’isolation acoustique est fonction des surfaces à traiter et du prix des matériaux choisis. Dans le cadre du projet, les coûts recouvrent un panel de prix assez large puisqu’ils s’élèvent de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

L’une des recommandations de Bruxelles Environnement pour garantir un environnement sonore de qualité dans les écoles est de faire suivre un projet par un acousticien pour éviter les erreurs de concept et être en accord avec les recommandations. C’était aussi ce qui avait été relevé par l’ingénieur acousticien de l’institut de recherche du secteur de la construction [5] venu présenter les anciennes normes acoustiques – ainsi que la future norme – relatives aux bâtiments scolaires et leurs implications pour les constructions.

L’augmentation du niveau sonore ambiant dans les écoles est un phénomène nouveau qui fatigue aussi bien les enseignants que les élèves. Et qui, au vu des impacts sur la santé et les aptitudes d’apprentissage demande à être pris en considération de façon rigoureuse et concertée.

Source: MangerBouger.be