L’énergie dans l’école, ça concerne tout le monde !

En moyenne, chaque élève d’une école consomme, par an, 40 euros d’électricité et 120 euros de combustible, pour le chauffage des bâtiments essentiellement. Multipliez ces sommes par le nombre d’élèves inscrits dans l’école et les chiffres deviennent vite impressionnants… Des chiffres qui pourraient largement diminuer si l’école se mettait entièrement sur « Off » les nuits et les week-ends. Pourquoi laisser les chauffages tourner ou laisser les distributeurs de boissons en marche lorsque les classes et les couloirs sont vides ?

La prise de conscience doit avoir lieu dans les écoles pour que, elles aussi, prennent leur part dans la diminution des consommations d’énergie. A la mi-mai, un document a été envoyé à environ 2000 directeurs d’établissements scolaires pour les faire réagir. Depuis, le téléphone de Jacques Claessens, facilitateur Education-énergie pour la Région wallonne, a chauffé ! Son rôle : aider les écoles qui le souhaitent à mettre en place une démarche d’économie d’énergie, sensibiliser les professeurs et les élèves, mais aussi les soutenir dans l’élaboration d’un véritable plan d’action. Ces derniers temps, beaucoup de directeurs d’école ou d’enseignants vous ont appelé parce qu’ils désiraient commencer à économiser de l’énergie.

Que leur répondez-vous ?

Jacques Claessens : Je leur dis que tout seul, c’est impossible d’y arriver. Il faut former un groupe de plusieurs personnes, car l’énergie doit concerner tout le monde dans l’école : aussi bien le directeur et l’économe que les techniciens, les professeurs et les élèves. Des choses doivent être faites pour éviter les gaspillages d’énergie, mais elles ne doivent pas être imposées. Il faut que tout le monde prenne conscience de ces gaspillages. Il faut que chacun se sente responsable et s’implique dans un plan d’action.

Et vous ? Que faites-vous pour aider à mettre en place ce plan d’action ?

J.C. : Lorsqu’une école fait appel à nous, on se rend une ou deux fois sur place pour discuter, faire des suggestions, ouvrir les horizons en montrant ce qui est possible et les choses qui existent déjà ailleurs.

Quel genre de suggestions ?

J.C. : Nous leur suggérons, par exemple, de réaliser un audit participatif, où tout le monde s’implique. Pour cela, nous pouvons prêter aux écoles des appareils de mesure (thermomètre, wattmètre…).
Une école liégeoise a tenté le coup : elle a organisé une « traque au gaspillage » et a lancé un appel aux élèves volontaires pour qu’ils viennent, de nuit, équipés de lampes de poche, mesurer la consommation d’énergie dans l’école. Les élèves ont répondu en nombre et pour finir, les traqueurs se sont réunis un peu plus tôt pour un spaghetti ! Ca crée une bonne ambiance autour d’une initiative utile, une initiative qui aura permis de conscientiser de nombreux élèves. Après coup, des idées ont été proposées et réalisées pour éviter les gaspillages.

Ces initiatives qui débouchent sur des réalisations concrètes, c’est ça qui vous a donné la motivation d’endosser ce rôle de facilitateur ?

J.C. : Oui, bien sûr. Ce qui me motive vraiment dans ce rôle, c’est de faire bouger les gens. On peut faire des rapports, des audits environnementaux… mais au-delà, il faut que tout le monde se sente responsable de la consommation d’énergie et prenne les choses en main. Car ce sujet, je le répète, concerne chacun d’entre nous. Et dans les écoles où je suis amené à intervenir, cette implication de tous est à la fois une diffi culté mais aussi une chance. Une chance parce qu’elle permet de rassembler autour d’une table toutes les personnes qui participent à la vie de l’école pour discuter et décider ensemble de choses à entreprendre. D’une certaine façon, le thème de l’énergie devient une éducation à la citoyenneté, à la démocratie. On fait le choix ensemble de faire des petits gestes, parfois un peu contraignants, mais toujours utiles.

Source: Terre en Commun