La Wallonie n’a pas pris la mesure du défi démographique

Si Bruxelles se prépare depuis 2011 – et le lancement de son « plan écoles » – à faire face au boum démographique, la Wallonie ne sera pas non plus épargnée. Dans un récent communiqué, le Segec (Secrétariat général de l’Enseignement catholique) épingle que nous serons 12 millions de Belges d’ici 2030. La croissance des effectifs dans l’enseignement primaire et secondaire de la capitale est évaluée à 30%. En région wallonne, elle atteindra les 11,3%. Cela signifie donc que, de Wavre à Arlon en passant par Liège et Namur, il faudra construire de nouvelles écoles pour accueillir un public toujours plus nombreux.

60.000 nouveaux élèves d’ici 2020

Le Segec – qui base son intervention sur les prévisions de croissance démographique du Bureau du plan – tire alors la sonnette d’alarme : les Wallons aussi doivent prendre la mesure du défi démographique et adapter leurs infrastructures. « Alors que l’enseignement se profile comme un des enjeux essentiels des prochains scrutins électoraux, l’attention des responsables politiques, souvent focalisée à juste titre sur la qualité des performances éducatives, devra donc se porter également sur les aspects quantitatifs de l’offre scolaire ».

Bien sûr, l’accroissement démographique se répartira inégalement dans le temps et entre les trois régions du pays. Bruxelles sera plus touchée (+15,4%) que ses voisines wallonnes (+9,4%) et flamandes (+8,5%). Les classes du fondamental devront être l’objet de toutes les attentions dans les prochaines années… avant le secondaire d’ici à 2020. Quand on sait qu’il faut 5 ou 6 ans pour construire une nouvelle école, il est temps d’y penser. Hors Bruxelles, la croissance des effectifs scolaires, pour l’ensemble de la Région wallonne, s’élèvera pour la période 2012-2030 à 7,2% en maternel et environ 11,3% dans l’enseignement obligatoire.

Pour résumer, la population des 0 à 14 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles augmentera de 61.311 élèves d’ici 2020.

Les provinces de Liège et du Brabant wallon sont les plus concernées

Toutes les régions et villes de Wallonie ne seront pas touchées de la même manière. Dans l’enseignement maternel, les taux de croissance les plus élevés sont attendus à Bruxelles, Bastogne, Waremme, Huy, Liège, Neufchâteau et Marche-en-Famenne. Dans le sud-Luxembourg, on note plutôt une évolution à la baisse à Arlon et Virton. Dans l’enseignement primaire et secondaire, l’évolution attendue des effectifs à scolariser est partout supérieure à 10%… sauf encore une fois dans le sud-Luxembourg et quelques villes hennuyères comme Mouscron, Tournai et Thuin. La palme revient à Bruxelles, avec un taux de croissance au secondaire de 32,9% en 2030 par rapport aux effectifs de 2012.

Reste à envisager les coûts de ces nouvelles constructions, de préférence « en dur » (mais on se doute que les autorités préfèreront plutôt investir dans du préfabriqué… ces bâtiments provisoires qui deviennent souvent définitifs) que l’on pourrait chiffrer à plusieurs centaines de millions d’euros, sachant qu’une école primaire moyenne peut accueillir de 200 à 300 élèves et qu’une école secondaire « familiale » tourne autour des 600-700 adolescents. Sans oublier les enseignants qu’il faudra alors recruter dans les prochaines années… et il est à craindre que les 1.250 profs que Mme Simonet compte engager – ou stabiliser – prochainement ne suffiront pas… Il en faudra au moins le double!

Source: Enseignons.be