La FWB devra économiser 230 millions en 2015

Cet été, on nous annoncait un effort de 130 à 140 millions d’euros en 2015… et autant en 2016. Le ministre-président Rudy Demotte confirmait même que cet effort serait très certainement récurent. En clair, le gouvernement ne se contenterait pas d’un « one-shot » mais chercherait à prendre des mesures d’économies structurelles.
100 millions d’euros supplémentaires

Voilà qu’il nous revient que les économies seront probablement plus importantes que prévu : de l’ordre de 230 millions, au minimum. Une somme qu’il faudra dégager du budget global dévolu au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) : un peu moins de 10 milliards d’euros… dont 7 milliards d’euros consacrés aux écoles et à leur fonctionnement. Les frais de personnel? Ils représentent approximativement 87% de cette enveloppe. Autant le dire : les enseignants commencent à avoir les miquettes…

La révision à la baisse des perspectives de croissance explique en partie cette mauvaise nouvelle. La Communauté française joue la prudence… Mais cela veut dire que les écoles devront passer à la caisse. La Ministre Milquet assure pourtant qu’on ne touchera ni aux salaires, ni aux congés de maladie, ni aux emplois existants. Pour le reste, l’imagination est au pouvoir… Le cabinet parle de « pistes pelliculaires »… Mais encore? Citons la non-indexation des dotations de fonctionnement (elles sont gelées depuis un an déjà) qui aura des répercussions sur les conditions de travail du personnel ouvrier, par exemple. Si demain ce personnel n’a plus de matériel d’entretien ou que les profs travaillent dans des classes mal chauffées et mal entretenues (les frais de mazout augmentent, eux, chaque année), c’est le confort des enseignants (et de leurs élèves, forcément) qui sera sacrifié.
On touchera à l’emploi des temporaires

L’engagement des conseillers en prévention sera aussi reporté. On supprimera le supplément de salaire à 57-58 ans qui devait décourager nos collègues à faire valoir leur droit à la prépension. On mettra fin aux DPPR (sur ce dossier, le gouvernement attend de voir ce que le fédéral envisage en matière de réforme des retraites). Et, enfin, on supprimera certaines options peu fréquentées ou faisant « doublon » avec celles d’une autre école située à proximité.

Du côté des syndicats, on attend impatiemment que l’exécutif présente son budget. Et on veut déjà tirer la sonnette d’alarme. Dans un communiqué la CSC s’inquiète : « La déclaration de politique communautaire prévoit différentes mesures qui suscitent de vives inquiétudes chez nos affiliés et pourraient avoir des conséquences graves en matière d’emploi : transformer progressivement l’actuel 3e degré professionnel en un enseignement en alternance ou réviser l’offre d’options dans les filières techniques et professionnelles pour ne plus faire de distinction de filière. »

Malgré cet effort important, il faudra encore garder suffisamment de moyens pour financer la construction et l’aménagement de nouvelles écoles, pour lutter contre l’échec scolaire, engager les 750 enseignants promis au fondamental, réformer la formation initiale des régents et instituteurs… A ce stade, sans être pessimistes, on ne voit pas comment le gouvernement pourra réaliser ne serait-ce qu’un dixième de ses promesses électorales.
Les syndicats montrent les dents

Dans l’opposition, le PTB est convaincu que l’austérité frappera durement les écoles. « Rudy Demotte affirme qu’il ne touchera pas à l’emploi dans l’enseignement. Plusieurs éléments de l’accord de juillet indiquent pourtant le contraire, déclare Frédéric Gillot, député du PTB à la Fédération. Le développement de l’enseignement en alternance, par exemple, amène plus de stages, donc moins de profs. Même chose pour la réduction à une seule filière dans le qualifiant. Et quels emplois garantira-t-il exactement? Cela concerne-t-il aussi les profs non-nommés? Qu’en sera-t-il des contrats à durée déterminée? On peut très bien ne licencier personne tout en arrêtant de renouveler ces contrats. Cela fait autant d’emplois détruits malgré tout. »

Pour l’heure, c’est le flou total. Bien malin est celui qui pourra dire à quelle sauce nous serons mangés. Il faudra encore attendre un peu… Mais l’automne sera chaud : « La CSC-Enseignement rappelle qu’il n’est pas possible de développer un « enseignement d’excellence » en s’attaquant aux personnels, à ses statuts, à ses conditions de travail. En cas d’atteinte à l’emploi, à l’encadrement, aux conditions de travail, aux salaires, la CSC-Enseignement n’aura d’autre choix possible que d’appeler à une mobilisation forte! » Le gouvernement est prévenu…

Source : Enseignons.be