Confort à l’école : bien, mais peut mieux faire…

Inscrite dans la proposition de directive de la Commission Européenne sur l’Efficacité Energétique, la rénovation des établissements scolaires européens interpelle désormais les pouvoirs publics. D’autant que pour garantir le confort des élèves et la qualité de l’enseignement, cette rénovation doit dépasser les seules notions d’URE et intégrer des critères liés aux conforts thermique, visuel, respiratoire et acoustique. Explication de Sophie Trachte*, Chercheur senior de la cellule de recherche Architecture et Climat de l’UCL et membre de l’équipe d’experts internationaux chargée de la rédaction de l’étude « Rénovation soutenable des bâtiments scolaires ».

Le constat est sans appel ! Lieu d’ouverture au monde, à l’apprentissage des savoirs et à la socialisation des élèves, l’école compte parmi les leviers essentiels pour construire la société de demain. Pour jouer pleinement ce rôle, les établissements scolaires doivent désormais être rénovés afin d’offrir des lieux d’apprentissage et d’enseignement de qualité et confortable. Vaste programme ! C’est que par rapport aux autres immeubles administratifs ou de bureaux, les bâtiments scolaires ont des propriétés très différentes. Ils ne sont occupés que 4 à 5 jours par semaine, de 8h00 le matin à 15/16h00. Certains locaux, comme les bibliothèques, les réfectoires, les salles d’étude, les salles de garderie ont des taux d’occupation encore plus faibles, de l’ordre de quelques heures par jour. D’autre part, ces bâtiments regroupent un grand nombre de fonctions et accueillent une population relativement importante : de quelques centaines d’élèves à plusieurs milliers. Si, selon les normes européennes, un espace de bureau doit avoir une surface moyenne par occupant de 12 à 15m², chaque élève dispose en moyenne de 3 m², explique encore Sophie Trachte.

Rénover ? oui, mais…

C’est que l’urgence est là ! Relativement ancien, hétéroclite, souvent vétuste et énergétiquement peu performant, le parc des écoles en Europe est aujourd’hui dans le collimateur de la Commission européenne (via notamment la proposition de directive de la Commission Européenne – juin 2011 – sur l’Efficacité Energétique). Une grosse part des frais de fonctionnement des écoles en Europe centrale et dans les pays nordiques est en effet utilisée pour le chauffage des locaux et pour l’entretien et la maintenance des bâtiments, explique encore Sophie Trachte. Réduire à la fois les coûts énergétiques et les coûts de maintenance est donc un des principaux objectifs pour tout projet de rénovation de bâtiments scolaires. Mais reste alors un problème majeur à régler : la ventilation et la qualité de l’air des locaux scolaires.

3 priorités majeures

Pour assurer tant la qualité de l’enseignement que la qualité d’apprentissage, trois thématiques doivent – en plus de la performance énergétique – être prises en compte lors de toute rénovation, précise-t-elle encore. Il s’agit du confort respiratoire, du confort acoustique et du confort visuel. Ainsi, lorsque l’on isole l’enveloppe d’un bâtiment scolaire et que l’on change les châssis, il est indispensable d’avoir une réflexion sur la qualité de l’air des classes et son renouvellement, ainsi que sur celle de l’éclairage, afin d’éviter le syndrome du bâtiment malsain, syndrome déjà connu et identifié dans les immeubles de bureaux et qui apparaît dans les écoles. En nous concertant avec les facilitateurs Energie-Education wallons, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait de gros problèmes à ce niveau.

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Source : Architectura.be