Bruit à l’école: attention danger

Bruxelles Environnement audite certains établissements. Les constats sont alarmants.

Bruit = stress = problèmes de concentration. C’est l’équation qui, entre autres, ressort de récentes études, prises très au sérieux par Bruxelles Environnement, sur l’environnement sonore des établissements scolaires. Sans exagérer, les constats sont alarmants (lire ci-dessous).

L’école primaire communale des Glycines, à Berchem-Sainte-Agathe, est une des six sélectionnées par l’administration régionale dans le cadre d’un projet pilote particulièrement instructif. Il a débuté par un audit acoustique de l’école.

Premier constat, la résonance, frappante en ce bâtiment érigé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Murs de bétons, sols carrelés, hauts plafonds, les surfaces lisses et autres critères architecturaux de l’époque privilégiaient l’hygiène et la sécurité incendie, aux dépens de la qualité acoustique des espaces dans lesquels évoluent pourtant profs et élèves toute la journée.

Outre cette réverbération, l’ambiance sonore au sein des écoles a quelque peu évolué au fil des années. “Les comportements ont changé”, explique Marie-Françoise Ducarme, du département bruit de Bruxelles-Environnement. “D’une part, la discipline était plus stricte par le passé et, d’autre part, les méthodes pédagogiques ont évolué. Les élèves s’expriment énormément aujourd’hui.”

Au bout du compte : plus de bruit, donc. Et le bruit, “c’est une souffrance”, insiste Marie-Françoise Ducarme. Pour preuve : les 28 écoles qui se sont portées candidates pour un audit acoustique en trois semaines à peine. Et les chiffres sont là. Il n’est pas rare d’enregistrer un bruit de fond à 55 décibels dans une classe, obligeant le professeur à monter de 15 décibels en voix pour rendre son cours intelligible.

Les pires endroits des Glycines, le préau et le réfectoire, où les convecteurs à gaz sont responsables à eux seul d’un bruit de fond de 55 db. Là, le fond sonore monte à 85-90 décibels. “En général, les personnes qui travaillent dans de telles conditions doivent porter un casque”, précise Marie Françoise Ducarme. Le bruit est un véritable enjeu de santé publique…”

Voilà pour les constats. Pour les solutions, Viviane Nollet, directrice des Glycines. “L’audit a permis d’identifier les matériaux capables d’absorber ces sons”, explique-t-elle, en précisant que les efforts seront concentrés sur le réfectoire. “La commune a débloqué 90.000 € pour des travaux d’isolation acoustique.” On annonce des faux plafonds et des rideaux. “Nous avons évidemment fait un gros effort d’information auprès des élèves”, ajoute la directrice.

Objectif : les rendre moins bruyants. Et dans les classes, des petites astuces, comme ces balles de tennis placées aux pieds des chaises des élèves. “La différence est frappante, je me demande comment je faisais avant”, confie Nadia, l’institutrice.

Source: DH.net