Ariade livre un bâtiment passif à l’école Decroly d’Uccle

En 2014, le bureau bruxellois Ariade a livré un bâtiment neuf et passif pour répondre au besoin d’espaces supplémentaires de l’école Decroly, située à Uccle, dans le quartier du Hamoir.

Un bâtiment exemplaire

Le bureau Ariade est actif dans le secteur de l’architecture et des études en performance énergétique et environnementale. Ses connaissances et son expérience dans ces deux domaines devenus inséparables ont été mises à contribution dans le cadre de ce projet de bâtiment scolaire qui se veut exemplaire. Ainsi, l’ensemble des aspects durables liés à la construction ont été étudiés (matériaux écologiques, gestion de l’eau de pluie, de l’éclairage,…) et les réponses apportées ont apparemment été à la hauteur puisque le bâtiment est lauréat du concours Batex pour l’année 2013. Le projet fait suite à un appel d’offre lancé par le maître de l’ouvrage, l’école Decroly, via une étude préalable et un cahier des charges précis mis au point par le bureau d’architecture bruxellois AAC. L’école manque de locaux pour accueillir une partie de ses élèves. Un nouveau bâtiment passif est conçu, réservé aux deux dernières années des humanités. Il compte une dizaine de classes, un local informatique, un local pour les professeurs et des locaux techniques. Le projet compte 3 niveaux dans un volume dédoublé mais assez compact, présentant une toiture plate. Pour profiter des vues sur l’environnement verdoyant, les façades sont généreusement ouvertes par des baies au vocabulaire architectural diversifié. Le bas de l’édifice est recouvert par un bardage en bois de robinier tandis qu’un parement en ardoises naturelles habille la partie supérieure.

Architecture et performances

L’ambition d’atteindre les performances passives impose des principes de conception, des techniques et des mises en œuvre spécifiques et rigoureuses. Le bureau Ariade a joué ici simultanément le jeu du concepteur passif et celui de l’architecte. La volumétrie et les percements de baies ont été étudiés à la fois pour être en adéquation avec les principes bio-climatiques et passifs, mais aussi pour créer une architecture vivante et humaine. Les architectes ont visé l’équilibre entre les diktats des performances énergétiques et l’expression de l’architecture. Par exemple, la façade sud est inclinée et présente de larges baies en retrait, équipées de balcons. Ouverture sur l’extérieur, identité architecturale et dispositions évitant la surchauffe se mêlent ainsi dans la solution proposée. De même, les fenêtres des étages supérieurs sont placées de façon disparate, pour apporter du rythme aux façades, et diversifier les vues vers l’extérieur, depuis les classes. Cette disposition s’est accordée avec une étude fine de l’éclairage, afin d’optimiser les apports de lumière naturelle, de gérer l’homogénéité de la luminosité dans les salles de classe et d’éviter les surchauffes éventuelles.

Techniques ajustées

Au niveau technique, le bâtiment est équipé d’une ventilation double flux. La chaleur est distribuée aux différents locaux par la ventilation, suivant la demande précise de l’occupation. Si les locaux sont vides, les classes ne sont quasi plus chauffées car la ventilation est interrompue pour une optimisation ultime des pertes de chaleur. L’inertie thermique du bâtiment temporise le refroidissement. Un appoint de chaleur reste possible grâce à une chaudière gaz à condensation de faible puissance. Elle alimente une série de petits radiateurs installés dans les classes et qui permettent un ajustement de la température et le préchauffage des classes, si nécessaire. Les appareils techniques sont actuellement sous monitoring et en phase de réglage pour trouver l’équilibre entre le bâtiment, les saisons et ses usagers. Selon le bureau Ariade, une constance de confort (température, concentration en CO2,…) devrait facilement être atteinte grâce aux installations prévues et à l’inertie du bâtiment. Enfin, des panneaux photovoltaïques ont été placés sur la toiture. Ils couvrent environ 50% des besoins en électricité du bâtiment et permettent ainsi de réduire les besoins en énergie primaire.

Une conception adaptée au planning

Le véritable challenge du projet a été le planning très serré des interventions. Les opérations se sont déroulées en une année scolaire, de septembre 2013 à juin 2014. Les travaux ont commencé par la démolition d’un édifice ancien. Pendant la première phase du chantier, les cours se sont donnés dans des classes préfabriquées installées dans le parc de l’école. Afin de réduire le temps de chantier, les architectes ont choisi de travailler avec des éléments préfabriqués en ossature bois, insufflés de cellulose. Au niveau constructif, c’est une ossature mixte béton et bois qui est choisie. Le béton est maintenu pour apporter de l’inertie par les dalles de sol qui sont soutenues par une ossature en béton, réduite à son minimum. Le reste des parois extérieures sont réalisées par un assemblage de caissons en ossature bois préfabriqués. Côté intérieur, les murs extérieurs sont doublés d’une paroi non-porteuse en blocs en béton. Celle-ci apporte un supplément d’inertie thermique et la robustesse attendue pour un usage scolaire. Le béton est laissé apparent tant au niveau des hourdis que de la maçonnerie. La mise en œuvre soignée de ces éléments et les nombreuses vues vers l’environnement extérieur boisé remplacent sans hésiter les finitions.

Source: Architectura