55 millions d’euros pour de nouvelles places dans les écoles

On n’y croyait plus! Et pourtant, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’est mis d’accord aujourd’hui sur la répartition d’une enveloppe de 55 millions d’euros pour la création de quelque 13.750 nouvelles places dans nos écoles : 11.250 dans le fondamental et 2.500 dans le secondaire. « Ces nouvelles classes s’ajoutent aux 20.000 places déjà planifiées sur Bruxelles par les autorités francophones et flamandes et qui sortiront progressivement de terre d’ici 2017″ a précisé le cabinet du Ministre Jean-Marc Nollet, en charge des Bâtiments scolaires.

Du mobile… et du durable, dès 2014

Les écoles qui le souhaitent pourront obtenir, dans un premier temps, des pavillons modulaires, pour un montant de 25,5 millions d’euros : dans le fondamental, 5.625 places seront créées, dont 4.375 dans des structures modulaires classiques fixes et 1.250 dans des MoDules MoBiles. « Ces MoDB sont destinées aux écoles pour lesquelles un projet de création de nouvelles places en dur est déjà lancé si ces constructions ne pouvaient être finalisées pour l’année scolaire à venir ». Dans le secondaire, on ouvrira 750 places via des structures modulaires, fixes ou mobiles. Au total, on obtient ainsi 6.375 places pour l’année 2014-2015.

Dans un deuxième temps (cela se fera au cours des 24 prochains mois), le gouvernement investira 29,5 millions supplémentaires pour créer des places plus durables (aménagements de locaux, réaffectations ou extensions) : 5.625 pour le fondamental et 1.750 pour le secondaire. Cela fait donc bien 13.750 nouvelles places.

C’est une avancée significative dans un dossier très important. Voilà des années que les acteurs de l’Enseignement réclament un investissement qui leur permettrait de faire face au boom démographique qui entraîne un manque de places criant dans les écoles bruxelloises et wallonnes. Si, comme nous l’avons noté plus haut, un plan était prévu pour 2017, il n’était pas possible d’attendre encore trois ans…

Mais les négociations trainaient… En début de semaine, Ecolo et le cdH souhaitaient investir immédiatement 20 millions d’euros pour élever, avant la rentrée prochaine, des pavillons préfabriqués… et que cette manne profite à tous les réseaux, traités sur un pied d’égalité. Une deuxième phase devait permettre l’extension de certaines écoles ou la réaffectation de bâtiments publics actuellement non affectés à l’enseignement. Montant de la facture : 55 millions, financés à 100% par la Communauté française… et également disponibles pour toutes les écoles, qu’elles relèvent du réseau libre, de l’officiel ou du subventionné.

Menace sur le Pacte scolaire

Le hic : le PS – tenu à l’oeil par les défenseurs de l’école publique – ne souhaitait pas empiéter sur le Pacte scolaire de 1959. Ce dernier prévoit un financement différent selon chaque réseau. A l’heure actuelle, la Communauté française ne soutient les écoles catholiques que sur les charges d’intérêt (0% du capital et taux garanti de 1,25%) et non sur le capital de ses investissements. Un capital pris en charge à 100% pour les écoles de son réseau et à 60% pour les communes et provinces (taux de 1,25% pour l’emprunt des 40% restants). Les socialistes étaient d’accord pour offrir quelques pavillons modulaires au réseau libre (c’était aussi un petit cadeau au cdH)… mais pas question, dès lors que l’on s’attaque à du bâti « en dur », de ne pas respecter les règles classiques de financement des bâtiments.

Fort heureusement, les partis de la majorité ont finalement trouvé un terrain d’entente : l’enseignement officiel, qui est en perte de vitesse depuis de nombreuses années, aura droit à des moyens qui correspondront au double de son poids relatif. En clair : on comptera pour deux chaque élève du réseau de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le Segec est malgré tout satisfait : il ne mettra pas la main au portefeuille. « En prenant en charge les investissements à 100% quel que soit le pouvoir organisateur (communes, provinces, asbl ou la Fédération Wallonie-Bruxelles elle-même), le gouvernement lève les obstacles financiers à la réalisation des projets. (…) Pour le SeGEC, cet accord fera date. Même si l’opération est limitée dans le temps, elle influencera les réflexions à venir dans le domaine des bâtiments scolaires ».

Source: Enseignons.be